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Le jeu d’entreprise « sérieux »: Une activité millénaire !

Publié par Game Spirit le

A l’instar du clair-obscur ou de la réalité-virtuelle, le « serious game » ou « jeu d’entreprise » rend compte de l’absurde en rapprochant 2 termes que leurs sens devraient éloigner. Créé à un moment ou le jeu à règle moderne en était à ces balbutiements, le terme a été longtemps phagocyté par le milieu vidéo-ludique, développant une littérature aussi abondante qu’autocentrée. Aujourd’hui, d’autres acteurs du monde ludique  s’approprient cette notion, l’expérimente, en élargissent les champs d’applications, adaptent les définitions, créent leur vocabulaire et étendent les classifications.

Pour permettre l’expérience ludique, il faut être conscient que lors des étapes de développement d’un jeu, le concepteur va articuler de nombreux paramètres. Les ressorts ludiques ne sont pas que techniques, ils doivent aussi tenir compte de l’attitude du joueur face au jeu car « Le jeu n’est pas dans la forme mais dans l’usage qu’on en fait » (Henriot, 1983). Et c’est là que réside toute la complexité de la conception d’un jeu : Donner la sensation au joueur de vivre quelque chose !

Beaucoup d’amateurisme

Si l’on voit fleurir le jeu de société dans le monde de l’entreprise, il est encore très empreint d’amateurisme car il exploite peu ou prou la création ludique contemporaine. Il singe bien souvent les accessibles jeux de l’oie ou jeux de quizz. Si on n’y prend garde, le coup de projecteur actuel va faire flop au détriment d’autres possibles. Il est urgent de professionnaliser le métier, d’offrir des jeux adaptés et de qualité, de créer de nouveaux modèles d’apprentissages et des vecteurs de développement. Édifier un Serious Game nécessite une connaissance plus vaste car on ne conçoit pas de la création ludique pure et libre, on écrit un jeu qui s’inscrit dans une histoire dont il faut comprendre les origines et guider les finalités, tout en y adaptant des ressorts ludiques spécifiques aux besoins de l’entreprise.

Retour aux sources

Le jeu de société… dans une société, la boucle est-elle bouclée ? Si le terme anglais utilisé pour traduire « jeu de société » est « boardgame »[1] et évoque le support, il est étonnant de constater que le français offre une autre dimension puisqu’il se concentre sur les intervenants du jeu. L’important n’est pas l’objet jeu mais la référence au milieu humain caractérisable par ses règles[2] et/ou au groupe social qui partage un intérêt commun. Il est d’ailleurs cocasse de constater que  « jeu de société » est un homonyme de « jeu de l’entreprise ». Que leur terreau est commun puisqu’ils réunissent des Hommes dans une activité commune.

Finalement ne s’agit-il pas d’un retour aux sources ? Le jeu n’était-il pas utilisé dans les temps anciens dans une perspective d’utilité ? Que ce soit pour augmenter le rendement d’un champ en l’utilisant pour agir sur le réel[3], ou pour apprendre à développer des stratégies militaires[4], nos ancêtres avaient une vision très « sérieuse » du jeu. Est-ce qu’il n’est pas là le paradoxe ?

Geoffroy Simon

[1] Un autre terme plus récent est également utilisé en anglais : Tabletop game

[2] D’après la définition du mot « société » [Larousse 2018]

[3] Jeux de Semis : Mancala – Awalé, etc.

[4] Jeux militaire : Jeu de Go, Chatrang (ancêtre des échecs), etc.


1 commentaire

Un commentateur WordPress · 3 août 2018 à 10 h 27 min

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